Latin

L'éclipse de soleil du 20 mars 2015

Par FRANCOISE SAUVESTRE, publié le samedi 21 mars 2015 17:34 - Mis à jour le samedi 21 mars 2015 18:50

  Une nouvelle fois, la langue latine est à l'origine d'un mot d'actualité !

  Le mot "éclipse" vient du latin eclipsis (« éclipse, disparition »). Il est issu du grec ancien ἔκλειψις (ce mot se lit : ékleipsis), dérivé de ἐκλείπω (ékleípō, « abandonner »), formé de ἐκ (ek, « hors de ») et λείπω (leipō, « laisser »). 

  Les anciens croyaient que, lors des éclipses, les astres tombaient, pour un court instant, hors de la voûte céleste. C'est pour cette raison qu'avant d’adopter le terme grec, les Latins utilisaient le terme labor (« défaillance, abandon »).

   Le Grec Thalès de Milet fut le premier à prédire, plus exactement à calculer précisément la survenue des éclipses solaires. Il avait prévu celle de 585 av.J.-C. qui survint alors que les Mèdes et les Lydiens étaient en guerre. Épouvantés et croyant à un désaveu des dieux, ils cessèrent le combat et organisèrent des mariages entre membres de leurs deux peuples ...

  Les éclipses sont souvent évoquées dans la littérature, dès l'Antiquité.

  Homère, dans l’Odyssée (écrite au VIIIe siècle av. J.-C.), fait référence à une éclipse totale de Soleil au retour d’Ulysse auprès de sa douce Pénélope, et du massacre des prétendants qui a suivi : " Le soleil a été effacé du ciel et des ténèbres malheureuses ont envahi le monde ", dit à ce propos le devin Theoclymène. Cette éclipse pourrait être celle du 16 Avril 1178 av. J.-C.

  Dans sa pièce de théâtre Les Nuées, écrite en 423 av. J.-C., Aristophane se réfère vraisemblablement à une éclipse de Lune ("La Lune quitta son chemin ordinaire" ) qui avait eu lieu en 425, et à une éclipse solaire annulaire (« Et le Soleil retira son flambeau" ) en 424.

  Le poète latin Lucrèce (premier siècle avant J.-C.), disciple d'Epicure, a exposé ses vues originales sur l’univers dans un chef d’oeuvre, De la Nature (De Natura rerum). »  Lucrèce recherche en particulier les causes du mouvement des astres au moyen de lois physiques. Sur les éclipses : J’ai donné les moyens de connaître les révolutions du Soleil et de la Lune, et quelle force en est la cause ; nous savons également pour quelle raison de lumière interceptée ces astres paraissent s’éteindre et, semblables à de grands yeux qui se ferment et se rouvrent tour à tour, répandent sur la terre une nuit inattendue ou la parcourent d’un éclat qui l’illumine.